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Le leadership vert de la Chine compte pour le monde

2025-12-31 15:20:00 Source: La Chine au présent Auteur: DIMITRI DE BOER*
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Un observateur européen de la transition verte de la Chine affirme que le pays offre un modèle reproductible pour la gouvernance environnementale mondiale et la durabilité écologique à long terme. 

Des agriculteurs dans une plantation d’Ampelopsis Japonica, une plante médicinale, dans le cadre de la revitalisation rurale à Ji’an (Jiangxi), le 22 juillet 2025

Le 3 avril 2025, alors que le président américain Donald Trump annonçait au monde une série extraordinaire de mesures tarifaires, le président chinois Xi Jinping adressait un message bien différent à la communauté internationale – il plantait des arbres à la périphérie de Beijing.

Pour saisir toute la portée de l’engagement de M. Xi en matière d’environnement, il est particulièrement instructif de lire ses propres déclarations sur le sujet. Le chapitre consacré à l’édification d’une Belle Chine, extrait du cinquième volume de l’ouvrage Xi Jinping : La Gouvernance de la Chine, offre une synthèse pertinente des priorités actuelles de la Chine en matière de gouvernance environnementale. Il regroupe des passages tirés de plusieurs allocutions, notamment celle prononcée par M. Xi lors de la Conférence nationale sur la protection écologique et environnementale, le 17 juillet 2023.

Le discours de M. Xi est très encourageant pour ceux qui aspirent à une protection environnementale renforcée. Il évoque fréquemment la nécessité d’améliorer les législations et les politiques, et d’assurer une application rigoureuse des lois. Selon ses mots : « L’environnement écologique n’a pas de substitut. Nous avons souvent tendance à négliger ce fait lorsque nous l’exploitons, pourtant il est irrécupérable une fois détruit […] Les lois et réglementations environnementales doivent être davantage améliorées et strictement appliquées […] Il est impératif de tenir pour responsables les comités du Parti et les gouvernements à tous les niveaux en matière de protection environnementale, de mettre en œuvre des inspections environnementales conduites par les autorités centrales […] et de renforcer l’application de la loi et la supervision.»

M. Xi établit même un lien crucial avec la sécurité nationale : « Nous devons adopter une approche holistique de la sécurité nationale et répondre de manière proactive et efficiente aux divers risques et défis, afin que l’environnement naturel et les conditions dont dépendent notre survie et notre développement ne soient ni menacés, ni altérés. » Cette reconnaissance des liens intrinsèques entre développement, sécurité nationale et environnement est particulièrement importante à une époque marquée par l’incertitude géopolitique.

Dimitri De Boer (1er rang au c.) et d’autres participants étrangers à l’arrivée du marathon international de 100 km du Guizhou – Tour du Mont Leigong

Les discours de M. Xi présentent un style très différent de celui des dirigeants politiques occidentaux, comme l’a fait remarquer James Thornton, fondateur de ClientEarth, après avoir écouté M. Xi lors du troisième Forum de « la Ceinture et de la Route » pour la coopération internationale en octobre 2023 : « Son discours était remarquablement détaillé et nuancé, très semblable à celui d’un PDG donnant des orientations et des instructions à son personnel. » En effet, les discours consignés dans cet ouvrage s’adressent principalement aux responsables chinois à tous les niveaux. Ils abordent des questions auxquelles ces derniers sont confrontés, telles que l’équilibre entre développement et environnement, le niveau de priorité à accorder à la réduction des émissions de carbone, l’importance des lois environnementales et de leur application, ainsi que les modalités pour garantir les bénéfices économiques de la protection de l’environnement. Leur portée est très large, allant de l’action climatique à la restauration écologique, des montagnes aux zones maritimes, des lois environnementales à la promotion de modes de consommation durables, et de la sécurité nucléaire aux « nouveaux polluants ».

Au moment où M. Xi a prononcé ce discours en juillet 2023, il jouissait déjà d’une réputation en matière d’écologie, ayant supervisé des réductions spectaculaires de la pollution de l’air et de l’eau. La Chine venait alors d’apporter une contribution notable à la gouvernance environnementale mondiale, avec l’adoption du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal en décembre 2022. Cependant, la volatilité des marchés énergétiques mondiaux, combinée à de fortes pressions économiques, avait conduit certaines voix en Chine à s’interroger sur le caractère éventuellement trop ambitieux des objectifs climatiques. Dans ce contexte, il est remarquable de constater l’insistance forte et constante de M. Xi sur les questions environnementales à ce moment-là. Il envoyait un signal politique très clair : l’environnement et le climat resteraient des priorités absolues.

Ces discours ont également une incidence sur le rôle de la Chine dans la transition écologique mondiale. De toute évidence, les technologies vertes chinoises sont essentielles pour permettre une transition climatique mondiale rapide et abordable. En outre, les progrès dans l’écologisation des investissements à l’étranger et des chaînes d’approvisionnement commerciales de la Chine dépendront en partie du rythme de sa transition environnementale interne. De manière indirecte, la transition verte de la Chine pourrait servir de point de référence aux pays et aux entreprises qui doivent anticiper la vitesse à laquelle le monde se décarbonera, afin de faire dès aujourd’hui les bons choix d’investissement.

À mon avis, les méthodes de gouvernance de la Chine ont longtemps été sous-estimées par de nombreux observateurs internationaux, ce qui est regrettable. Les médias internationaux ont fréquemment recours à un langage clivant lorsqu’ils décrivent la Chine, et son gouvernement en particulier. Cette approche peut être déconcertante, car le succès de la Chine au cours des dernières décennies laisse entendre qu’un certain nombre d’initiatives ont été menées avec une efficacité remarquable.

Des visiteurs dans le Parc aux cerfs de Jinshan pendant la haute saison touristique à Yichun (Heilongjiang), le 5 août 2025

L’économie chinoise a connu une croissance décuplée au cours des cinq dernières décennies. Huit cent millions de Chinois ont été sortis de la pauvreté depuis les années 1980, ce qui a constitué la plus grande contribution au progrès mondial dans ce domaine. Les progrès environnementaux se sont avérés tout aussi spectaculaires. Les niveaux de pollution atmosphérique ont diminué de 60 % entre 2013 et 2024. La couverture forestière s’est considérablement accrue, la Chine étant responsable d’un quart de tous les arbres nouvellement plantés à l’échelle planétaire. Les villes chinoises deviennent visiblement plus belles et plus vertes, et les secteurs verts de la Chine, notamment l’éolien, le solaire, les batteries et les véhicules électriques, occupent désormais une position de leader mondial. Tous ces succès ne relèvent en aucun cas du simple fait du hasard. Pour l’essentiel, ils découlent de politiques gouvernementales cohérentes et soigneusement planifiées. La Chine étudie depuis longtemps les approches adoptées par d’autres pays en matière de protection de l’environnement. Le Conseil chinois pour la coopération internationale sur l’environnement et le développement en est un exemple majeur : depuis 1992, il mène des recherches politiques de haut niveau avec des experts internationaux, formulant des recommandations annuelles au Conseil des Affaires d’État et aux dirigeants chinois.

Les pays développés comme les pays en développement cherchent encore des stratégies efficaces pour parvenir à la neutralité carbone et atteindre une prospérité économique en harmonie avec la nature. Je pense qu’il est temps, pour tous ceux qui s’intéressent véritablement à la gouvernance environnementale, de consacrer du temps à l’étude des approches chinoises, y compris les discours prononcés par M. Xi. À mesure que la Chine continue de concrétiser ses ambitions environnementales et d’affirmer sa « beauté » écologique, je suis persuadé que son expérience en matière de gouvernance environnementale deviendra, de plus en plus, une référence incontournable et une source d’inspiration féconde pour d’autres pays.

 

*DIMITRI DE BOER est directeur de ClientEarth pour la Chine et conseiller spécial du Conseil chinois pour la coopération internationale sur l’environnement et le développement.

 

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